Développement durable, aménagement du territoire et action citoyenne

Francis Hammer





Atelier animé par 

 


Eric Reinbold

 

 

I) Préambule


Le développement durable se focalise sur 3 grandes entités :

  • L'économie
  • L'environnement
  • Le sociétal

 

L'aménagement du territoire

 

L'aménagement du territoire est une préoccupation qui a pris son essor dans les années d'après guerre où il s'agissait de reconstruire et remodeler un territoire sur des infrastructures fortement endommagées par les batailles et les prises de guerre.


Depuis lors cette nécessité s'est enrichie par tous un corpus de lois dont la DATAR, puis la DIACT en sont des expressions majeures. Il n'en reste pas moins que les diverses politiques qui se sont succédées depuis cette époque ont toutes dû se confronter à 2 objectifs aussi prééminents  qu'ils peuvent être contradictoires dans les faits, à savoir :

  • Le développement économique des territoires
  • La réduction spatiale des inégalités économiques et spatiales


Ces politiques qui se déclinent en partenariat tant au niveau subnational avec les régions que supranational en incluant l'Union Européenne, recouvrent des domaines aussi différents que :

  • Le développement économique
  • La spatialisation des politiques sociales
  • L'adéquation du logement entre offres et demandes
  • La gestion de l'eau et sa disponibilité
  • Le développement des infrastructures (communications, transports...)

L'aménagement du territoire est du ressort du politique.


L'action citoyenne


L'action du politique doit s'accompagner de l'acceptation du citoyen. La mise en oeuvre d'une politique durable, passe par la transformation sociale.


« Devenons les acteurs de notre vie, de notre cité et de notre avenir », il faut que les citoyens  prennent en main leur vie, il faut que le citoyen se rende compte que la transformation sociale ne viendra que par eux. Et que tout commence par le local, qui de commune en commune, prendra une dimension global.

Il faut aussi faire comprendre que, dans certains domaine,s il faudra entrevoir des changements radicaux, que l'on ne pourra pas se contenter d'adapter l'existant.  « Ce n'est pas en améliorant la bougie qu'on a inventé l'électricité ».



II) La nécessité écologique et les pratiques politiques

 

Avec la détérioration accélérée des écosystèmes et l'épuisement des ressources non renouvelables est une apparue une forme de gouvernance qui tend à remplacer les techniques lourdes du génie civil par des techniques douces qui visent tout autant à réparer que préserver l'environnement.


Cette nouvelle gouvernance, destinée à répondre aux nécessités du développement durable, rencontre cependant les mêmes obstacles  dans ses initiatives ciblées vis à vis des populations, que ceux que rencontre le pouvoir politique au travers des insuffisances de la démocratie représentative qui l'institue.

 

La représentation élective en question

 

Que cela soit au niveau des conduites déviantes ou des phénomènes de retrait civique, le projet démocratique campé aux déclinaisons du principe électoral, peine à dissimuler les contradictions qui existent entre, d'une part, les phénomènes d'identification qui peuvent exister entre le citoyen candidat et le citoyen lambda dans les temps courts électoraux et, d'autre part, les rapports régissant gouvernants et gouvernés aux temps longs des périodes qui s'ensuivent, là où la doxa républicaine impose de reprendre les distances qui séparent gouvernants et gouvernés.


Ses implications dans les politiques d'aménagement territorial

 

Chacun sait que les promesses de campagne ne peuvent que subir les épreuves du temps et les aléas de la conjoncture. Le trop plein et l'instantané de l'information, en réduisant la chose politique à sa dimension de spectacle, contribuent à brouiller les repères et consécutivement l'intérêt suivi des citoyens pour les débats et les initiatives politiques.


Ce désintérêt dans les politiques d'aménagement territorial se redouble du fait que les procédures de concertation  peinent à dissimuler la dimension verticale des décisions à l'œuvre, rendant par là même encore plus prégnant le sentiment d'une politique lointaine et à l'écart des préoccupations des citoyens.


Ses implications citoyennes, l'appropriation à l'aune du patrimoine collectif

 

L'idée de patrimoine est aujourd'hui encore par trop dépendante du seul patrimoine des objets susceptibles de rapports marchands.


Cependant la notion de patrimoine a des acceptions plus larges, dont celle du patrimoine collectif auquel participent tout autant des éléments symboliques  que matériels. Sachant que la constitution de celui-ci relève d'une lente maturation issue de l'action des groupes localisés, il importe de pouvoir démembrer ce qui au sein du patrimoine collectif relève de la propriété de ce qui en résulte à travers la notion de responsabilité.

La responsabilité étant en ce cas précis ce sentiment partagé où chacun peut et doit se sentir engagé entre les nécessités de sa propre trajectoire et celles du projet collectif qui l'englobe.

 

III) L'appropriation comme moteur d'un engagement partagé


Si l'on ne désire pas écrire un énième projet d'aménagement territorial, un énième catalogue de bonnes intentions,  qui serait le pendant de ceux qui l'on précédé, encore faudra-t-il éviter le piège de la concertation alibi venant au secours de projets ficelés et dont la marge d'appréciation laissée aux citoyens ne vaut trop souvent que dans les effets d'annonce. Le citoyen doit en être pleinement acteur, pour s'y impliquer, il doit se sentir  partie prenante et y voir son intérêt. Il faut que le citoyen sente que ce qu'il va faire, il va le faire pour lui, pour ses enfants, ses proches et par ricochet pour les autres....


Obtenir la participation du citoyen, là est tout l'enjeu.  


L'idée de responsabilité inhérente au patrimoine collectif doit pouvoir se conjuguer dans le projet qui sera à l'œuvre au sein de cet atelier. La notion de patrimoine collectif étant cette exigence que nous aurons à développer et à faire partager de façon, à ce qui s'ensuivra dans les travaux à venir puisse être reprise par chacun dans sa volonté singulière.


Pour l'aménagement du territoire :

  • Quels sont les moteurs de l'aménagement territorial ?
  • Quels sont les acteurs impliqués ?
  • Quelle peut être la stratégie de ces acteurs ?
  • Quelle est la cohérence globale à conforter ?
  • Quelles sont les échelles pertinentes d'intervention ? et pour quel bénéfice ?


Autant de questions parmi tant d'autres qui doivent être les préalables qui présideront à toute initiative étant entendu que les sujets d'appropriation ne manqueront pas de viser des domaines aussi divers que :


  • La place de l'Alsace dans le croissant fertile de la Mittel Europa et du Rhin supérieur
  • La stratégie de l'économie Alsacienne au niveau national
  • Le rôle des villes dans les territoires
  • Strasbourg métropole d'équilibre régionale et transnationale
  • Les pôles régionaux d'excellence
  • Le massif vosgien
  • Territoires et mobilité
  • Les énergies renouvelables dans l'économie concurrentielle
  • Le tourisme et ses valeurs ajoutées
  • Les ressources naturelles et leur gestion
  • Le logement et ses déclinaisons sociales et économiques



Pour l'action citoyenne :

  • Quelles consommations pour demain ?
  • Quelles productions pour demain ?
  • Quels modes de déplacements pour demain ?
  • Quels modèles économiques pour demain ?
  • ...



IV) En conclusion :


Un Atelier est un lieu d'échange, d'écoutes et de construction de proposition positive en commun, de manière participative. Un lieu où l'on produit du savoir, du savoir faire, savoir et savoir faire qui doivent être repris. Sans reprise, le travail d'un Atelier est sans intérêt.


Et plus spécifiquement dans le cadre du développement durable,  il doit aussi donner les outils au citoyen pour que chacun puisse  prendre en main sa vie et changer la société.

 


 

Documents

 

Le rapport Balladur

Vers quelle réforme des collectivités territoriales en France ?
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