Européennes 2009 - Le bilan de Nicolas Sarkozy

Publié le par labo67

 

FICHE N°6 : LA PRESIDENCE FRANCAISE DU CONSEIL DE L'UNION EUROPEENNE (PFUE) :

 LE BILAN DE Nicolas SARKOZY

 

L’Europe sociale, grande absente des priorités de la PFUE

 

La Présidence française a décidé de ne pas faire de l’Europe sociale une de ses priorités, alors même que le nouvel Agenda social devait être négocié sous sa présidence. Ce gouvernement a décidé d’abandonner toute ambition en matière sociale.

La France a manqué de volonté politique, se désintéressant totalement des questions sociales., provoquant la désillusion des citoyens européens qui attendaient de la France des mesures significatives en matière de défense des services publics, de protection sociale car c’est en période de crise les besoins de solidarité et de justice sociale sont les plus forts.

Heureusement, les eurodéputés socialistes français ont réagi parallèlement à l'action des syndicats,, rejetant toute augmentation de la durée hebdomadaire de travail de 48 à 65 heures (report de la directive  « Temps de travail »)

 

Les priorités de la PFUE, un bilan mitigé

 

1/ Le paquet énergie- climat :

 

Objectif : accord politique sur les propositions « énergie/climat » de la Commission: révision du système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre entre les pays, promotion de l’énergie renouvelable, captage et stockage géologique du CO2.

Le compromis trouvé reprend les objectifs fixés pour 2020 par le Conseil européen de mars 2007 est les « 3 fois 20 » : réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre, objectif de 20% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique de l’Union européenne, amélioration de l’efficacité énergétique de 20%.

Résultats :

Accord décevant et très largement insuffisant : objectifs limités, concessions trop importantes à certains Etats membres, en particulier concernant les quotas d’émission de gaz à effet de serre. Il faut sanctionner les entreprises et les technologies les plus polluantes afin de les contraindre à intégrer les enjeux climatiques et environnementaux dans leur politique de développement.

 

 

 

2/ Réforme de la politique agricole commune (PAC) :

 

Objectif : Préparer la PAC aux défis de demain :

A court terme, trouver un accord sur le bilan de santé débouchant sur de nouveaux règlements.

A long terme, adapter l’agriculture aux défis de demain : sécurité alimentaire, équilibres alimentaires dans le monde, défis environnementaux et climatiques.

Résultats : Quelques avancées sociales (augmentation des aides aux petits agriculteurs) … et beaucoup de désillusions : disparition des quotas, remise en cause des prix garantis, absence de considérations écologiques.

Quant à la réforme de la PAC pour inventer l’agriculture de demain, elle a été renvoyée sine die.

 

3/ Immigration et asile :

 

Objectif : Adoption d’un Pacte européen sur l’immigration et l’asile visant « une meilleure organisation des migrations légales, une lutte plus efficace contre l’immigration irrégulière et la promotion d’un partenariat étroit entre pays d’origine, de transit et de destination des migrants ».

 

Résultats : Sous l’impulsion de N. Sarkozy, ce pacte propose l’instauration du principe d’immigration choisie au niveau européen, un durcissement des politiques d’immigration, un abandon des politiques d’intégration et crée un climat de méfiance et de peur à l’égard des immigrés. C’est un texte dangereux : approche très répressive de l’immigration et absence notoire de mesures significatives pour l’intégration des immigrés.

 

4/ Union pour la Méditerranée (UPM-processus de Barcelone):

 

Objectif : créer une organisation intergouvernementale à vocation régionale pour travailler autour de quelques projets : dépollution de la Méditerranée, une université euro-méditerranéenne, l’énergie solaire.[

Résultats : Fiasco total :

projet initial de N. Sarkozy écartait tous les pays européens non riverains de la méditerranée – dont l’Allemagne.

Le Processus de Barcelone existe déjà pour les relations euro-méditerranéennes  intérêt de l’UPM ? UPM ne mentionne ni les droits de l’homme, ni la démocratie  régression par rapport au Processus de Barcelone + realpolitik. C’est un échec total de la PFUE et de Sarkozy.

 

La Présidence française de l’Union européenne marquée par trois crises

 

1/ La crise économique et financière :

Aucun accord n’a été trouvé pour coordonner les plans de relance nationaux et pour instaurer un contrôle européen du capitalisme financier,assurer la création d’emplois et la  relance de l’économie européenne.

 

2/ La crise politique et institutionnelle :

Rejet par les Irlandais du Traité de Lisbonne à la veille de la PFUE : nouvelle crise institutionnelle en Europe. Le Président Sarkozy a fait preuve de renoncement en revenant sur certaines dispositions phares du Traité afin d’inciter les Irlandais à revoter en novembre 2009 : la Commission conservera 27 commissaires (1 par Etat membre), le maintien de l’unanimité pour toute politique fiscale européenne, …

 

3/ Crise diplomatique :

Lors de la crise russo-géorgienne de l’été 2008, l’UE a structuré sa politique étrangère, mais les lacunes liées à l’absence d’une défense européenne et au balbutiement de la politique étrangère européenne sont restées patentes. Sarkozy n’aurait pas dû se contenter d’agir vite, il aurait également dû agir juste.

Publié dans Europe

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article