De l’Eurodistrict au Parlement européen : les citoyens d’abord !

Publié le par labo67

Tout le monde a déjà vécu au moins une fois l’expérience de traverser le Rhin pour aller à Kehl ou Offenburg en recevant en général plusieurs messages sur son téléphone portable indiquant que l’on se trouvait à l’étranger. Si la première fois on pouvait trouver cela exotique, au bout du compte cela semble un peu absurde et en décalage total avec l’idée que l’on se fait de partir à l’étranger.  Si l’histoire a voulu que Strasbourg tourne le dos au Rhin, désormais ce temps est révolu. Le développement de notre agglomération  passe, à présent, par le désenclavement du Port du Rhin et doit s’envisager vers l’Est.

 

L’objectif principal de l’Eurodistrict : des réalisations concrètes

 

L’Eurodistrict voulu par Roland Ries se singularise par la volonté d’aller au-delà d’une classique coopération par la prise de décision en commun. C’est avant tout un outil pour amoindrir et supprimer les difficultés qui font que traverser le Rhin n’est pas la même chose que traverser l’Ill. Pour reprendre la célèbre phrase de Jean Monnet, de même que la construction européenne a débuté par des « réalisations concrètes » comme la Communauté Européenne du Charbon et l’Acier, le premier objectif de l’Eurodistrict sera d’aboutir à des « réalisations concrètes » qui feront de Strasbourg-Ortenau un véritable territoire sans frontière. La participation de la ville de Strasbourg et de la Communauté urbaine au financement de la salle d’athlétisme d’Offenburg, actée lors de la session du conseil de l’Eurodistrict du 26 mars 2009, s’inscrit dans cette lignée. Cet équipement sera ouvert aux sportifs allemands et français qui pourront l’utiliser ensemble pour leurs entraînements. Pour multiplier ces projets, le Conseil Communautaire du 17 avril a validé la convention constitutive et les statuts du Groupement Européen de Coopération Transfrontalière (GECT). L’enjeu est de nous doter d’une structure avec un secrétariat général et un budget s’élevant à un euro par habitant.

 

Ce nouvel outil aux services des citoyens de l’agglomération strasbourgeoise et de l’Ortenau sera un lieu de travail commun permettant de développer des projets axés sur l’environnement, la culture, le tourisme et le développement du bilinguisme.  Un travail de lobbying auprès des Etats pour  atténuer les contraintes imposées par la frontière en matière de gestion des déchets, santé, sécurité sociale, retraite, services bancaires et  postaux, constitue aussi une mission pour le GECT. Mais c’est par un développement urbain concerté et un fort accent mis sur les transports que les liens entre habitants de l’Eurodistrict pourront être facilités et renforcés. L’extension de la ligne D du Tram en direction du Port du Rhin et de Kehl votée au mois de février est un projet essentiel qui fera de ce mode déplacement, qui fait la renommée de notre ville, un trait d’union au-dessus du Rhin entre Strasbourgeois et Kehlois. Cette décision et les choix qui seront faits en matière d’urbanisme dans cette zone vont nous conduire à tourner une page historique de Strasbourg pour faire de notre ville une véritable cité rhénane.

 

L’Europe au quotidien au service des citoyens

 

Le  rôle de l’Eurodistrict ne s’arrête cependant pas à la simplification de la vie de nos concitoyens et à la constitution d’une agglomération transnationale dynamique économiquement et créatrice d’emplois.  Ce qui est aussi en jeu, c’est l’image et la vocation européenne de Strasbourg qui de par son histoire et la présence du Conseil de l’Europe depuis 1949 incarne une Europe démocratique en paix et respectueuse des droits de l’homme. Désormais, pour soutenir son rang de capitale européenne, Strasbourg doit aussi incarner  l’Europe concrète et locale. En rassemblant sur un même territoire  les institutions défendant la démocratie sur l’ensemble de notre continent et en permettant aux citoyens de vivre l’Europe au quotidien, notre ville ne sera plus uniquement  un symbole mais un laboratoire pour une construction européenne qui réponde aux attentes des européens.

 

Parier sur le fait que notre avenir est commun avec celui de l’Ortenau, créer des outils de travail qui ne s’arrêtent pas à la coopération c’est la traduction locale du besoin d’une Europe politique, avec un Parlement européen fort, au service des citoyens européens d’abord. « People First » c’est justement le slogan des socialistes européens pour la campagne des élections européennes du 7 juin. Nous retrouvons dans la démarche et le contenu du Manifesto, le programme des socialistes européens, la même ambition que nous portons à l’échelle de notre agglomération pour l’Eurodistrict et les Strasbourgeois.

 

Le groupe Socialiste et Républicain

Publié dans Europe

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