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Jeudi 29 octobre 2009

Par Natacha Paris-Ficarelli,
Secrétaire fédérale « Europe et relations internationales » du PS du Bas-Rhin.

 


Les résultats des élections européennes du mois de juin 2009 ont été particulièrement décevants pour le Parti socialiste. Ils sont en grande partie le stigmate d'un parti encore trop faiblement tourné vers l'Europe.

 

 

En France, la période de refondation qui s'ouvre au sein du PS constitue le moment idéal pour amorcer et finaliser une  réflexion sur le renforcement de la vocation européenne du Parti. C'est pourquoi la commission « Europe » du Parti socialiste du Bas-Rhin a travaillé sur un projet de motion amendé au cours de l'été 2009 par ses membres. Cette motion a été adoptée à l'unanimité le 30 septembre dernier par les militants de la Commission Europe du PS 67.

 

Elle s'adresse tout à la fois aux instances nationales du Parti socialiste,  du PSE et aux  commissions qui débattent et réfléchissent sur l'Europe en France et dans tous les Etats membres. Les propositions contenues dans la motion portent sur trois principaux points :

 

1/ l'accroissement du rôle de la base du Parti dans le cadre des élections européennes ;

2/ la réforme du système de composition des listes de candidats ;

3/ le renforcement  des liens entre les  partis nationaux et le PSE.

 

Bientôt traduites dans différentes langues (et adaptées aux situations nationales), ces propositions ont pour vocation d'être entendues et débattues par les élus nationaux et européens, par les responsables des partis politiques et, bien sûr, par les militants des partis membres du PSE dans les Etats de l'Union européenne.

 

Ce n'est qu'au prix de cet effort conjoint de  réflexion  conduisant à des réformes concrètes que nous gagnerons les prochaines élections !

 

*****

 

  "Le Parti socialiste doit renforcer sa vocation européenne"


Motion adoptée à l'unanimité par la commission Europe du PS 67
le 30 septembre 2009

(Cliquer ici pour télécharger la motion en pdf)

 

Les résultats des élections européennes du mois de juin 2009 ont été particulièrement décevants pour le parti socialiste. Cet échec est en grande partie le stigmate d'un parti encore trop faiblement tourné vers l'Europe. La période de refondation qui s'ouvre en son sein et dont les étapes ont été présentées aux militants par Martine Aubry, constitue le moment idéal pour amorcer et finaliser une  réflexion sur le renforcement de la vocation européenne du parti (courrier adressé aux militants du Parti socialiste daté du 19 juin 2009). Or, cette présentation des étapes du projet de rénovation n'évoque qu'indirectement l'impératif européen pour le Parti socialiste.

 

Craignant que le parti ne tire pas les leçons de l'échec des élections européennes de 2009, la commission « Europe » PS du Bas-Rhin interpelle Martine Aubry et les instances dirigeantes du Parti socialiste européen en leur demandant d'entamer une réflexion sur 3 principaux points dont certains ne peuvent être conduits qu'au sein du Parti socialiste européen (PSE) par ses différentes composantes nationales, dont le Parti socialiste français :

 

1. l'accroissement du rôle de la base du Parti dans le cadre des élections européennes ;

2. la réforme du système de composition des listes de candidats ;

3. sur le renforcement  des liens entre le Parti socialiste français et le PSE.


****

 

1. Accroissement du rôle des militants dans le cadre des élections européennes

 

1.1 Accroissement du rôle des adhérents dans la confection des listes de candidats présentés aux européennes

 

Le système actuel de composition des listes est fortement critiqué par les militants. Ils regrettent en effet que dans un parti démocratique leur rôle demeure circonscrit à la seule validation de listes pré-constituées au niveau national, sans qu'il leur soit possible d'exprimer leurs propres préférences. Un tel mode de fonctionnement fait la part belle au système des courants au détriment des candidatures fondées exclusivement sur la qualité et/ou l'expérience. Il demeure fortement concentré au niveau national alors que la régionalisation du scrutin vise à le rapprocher du terrain. Ce fonctionnement est aujourd'hui contesté et tend à démobiliser très fortement la base. Pour assurer la légitimité des choix exprimés au sein du Parti Socialiste, il nécessiterait d'être revu, par exemple en introduisant un système de vote préférentiel laissant aux militants le soin d'arbitrer la position des différents candidats sur les listes.

 

1.2 Organisation de primaires au sein du PSE pour départager les candidatures nationales au collège des commissaires européens et à la présidence de la Commission européenne

 

La procédure actuelle, tout comme le traité de Lisbonne, réservent ce pouvoir aux Etats, avec un vote de confirmation par le Parlement européen. Une réflexion pourrait être menée dans ce cadre pour que les gouvernements socialistes et socio-démocrates d'Europe fassent valider par l'ensemble des militants du PSE leurs candidats aux postes de commissaires sur le mode de primaires.

Un système de primaires aurait au moins deux avantages :

- de favoriser l'émergence en amont de la campagne d'un candidat à la présidence de la   Commission européenne ;

- de politiser les enjeux de cette campagne.

 

2. La réforme de la composition des listes de candidats

 

2.1 La révision du système de composition des listes doit favoriser la constitution de listes plurinationales

 

Le caractère trop national de la campagne électorale est régulièrement dénoncé pour expliquer le manque d'intérêt des citoyens pour le scrutin. Pour y remédier, il importe de rendre les listes plus européennes :

 

Il revient au PSE de jouer un rôle majeur dans la confection de ces listes afin de coordonner l'action de ses partis membres en ce sens.

Au PS français de montrer la voie en s'engageant dès les prochaines élections à présenter à ses militants des listes comportant au moins 10 % de ressortissants communautaires.

 

2.2 Changement du mode de scrutin

 

La subdivision de la France en 8 circonscriptions  pour les élections européennes les rend trop éloignées des citoyens pour être concrètes, et trop éparses pour pouvoir mener une campagne nationale efficace et stimulante. Il convient de prendre acte de cet échec et d'envisager un retour à un scrutin de listes nationales, éventuellement tempéré par un système mixte, à l'instar de celui pratiqué pour les élections au Bundestag qui garantit un ancrage local des élus (1).

 

Une élection des députés européens à l'échelle européenne apparaît cependant à terme comme le meilleur moyen de favoriser l'émergence de débats politiques et de campagnes électorales proprement européens. Le PSE répondrait pleinement à son rôle en demandant aux partis membres de s'accorder sur le principe d'un scrutin européen permettant aux citoyens de toute l'Union d'élire leur député lors d'un vote commun et simultané répondant au même système mixte "à l'allemande" ; la proportionnelle appliquée à l'échelle européenne étant alors tempérée par l'élection de députés au scrutin majoritaire dans des circonscriptions nationales ou régionales.

 

3. Le renforcement des liens entre le Parti socialiste français et le PSE

 

3.1 Adhésion simultanée et automatique au PS et au PSE

Cette automatisation des deux adhésions englobe les relances sur les formulaires en format papier. Concrètement, cela suppose que l'adhésion en tant que membre direct du PSE soit systématiquement proposée à chaque adhésion ou renouvellement d'adhésion.

 

3.2 Favoriser  la lisibilité de l'action des députés européens

Pour augmenter la lisibilité de l'action menée par les députés européens socialistes et susciter l'intérêt pour les enjeux européens, il serait souhaitable que le parti socialiste

- organise des rencontres régulières des militants avec les députés de la délégation française qui feraient  part de leur action à ces occasions ;

- exige de la part des eurodéputés socialistes des comptes-rendus de mandats qui seraient centralisés puis largement diffusés par le parti socialiste. Le site du parti socialiste constituerait un moyen simple et efficace de mettre en oeuvre cette exigence de publicisation de l'action des députés socialistes élus au Parlement européen et de renforcement du lien avec les militants et les citoyens.

Des telles mesures pourraient utilement être prises à  l'échelle européenne par le PSE avec les députés du groupe Alliance Progressiste des socialistes et démocrates.

 

3.3 Coordination des actions de campagne à un niveau européen

La coexistence de 3 niveaux d'organisation d'actions (local, national et européen) peu solidaires les uns des autres rend peu lisible l'action socialiste en période de campagne. Elle est à l'origine d' un  foisonnement d' actions préjudiciable à la mobilisation des militants. Une meilleure coordination entre ces actions est indispensable. Dans un contexte européen, il serait pertinent de caler les actions nationales sur le calendrier européen du PSE.

 

Ce n'est qu'au prix de ces évolutions de fond, permettant la politisation des enjeux européens que le Parti socialiste pourra retrouver la place qu'il occupait en 2004 au Parlement de Strasbourg.

 

_____________________________

 

1. Suivant ce modèle, sur les 72 députés français, on peut imaginer que la moitié serait élue directement dans 36 circonscriptions (une ou deux par région en fonction de son poids démographique), et que les 36 sièges restants seraient répartis entre les différentes listes nationales de manière à ce que, globalement, les 72 sièges soient répartis de manière proportionnelle.

Par labo67 - Publié dans : Europe - Communauté : Labo67
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Vendredi 25 septembre 2009

 

Le rapport du comité pour la réforme des collectivités locales présidé par Edouard Balladur a été remis le jeudi 5 mars 2009 au président de la République.

Les 20 recommandations du rapport sont à l’origine de deux projets de lois. Si l’avenir de ces projets s’avère incertain, les problèmes soulevés demeurent et les socialistes se doivent d’y répondre.

 

 

Le premier projet, du 20 juillet 2009, modifie l’organisation territoriale de la France, il prévoit :

  • 1. l’achèvement de la carte de l’intercommunalité qui permet aux communes de se regrouper au sein d’établissements publics de coopérations intercommunales (EPCI) ;

  • 2. la création de 11 métropoles (Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice, Strasbourg, Rouen, Toulon, Rennes) ;

  • 3. le regroupement des régions (leur nombre pourrait passer de 22 à 15) ou des départements, sur la base du volontariat.

Le second projet sera examiné en Conseil des ministres le 7 octobre 2009. Il a trait à la création de la collectivité territoriale du "Grand Paris", issue d’une fusion de la ville de Paris et des départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne).

 

Parmi les autres recommandations du Comité figurent :

  • 1. l’instauration d’une taxation fondée sur la valeur ajoutée et le foncier de l’entreprise afin de compenser la suppression de la taxe professionnelle ;
  • 2. la définition d’un objectif annuel d’évolution de la dépense publique locale ;
  • 3. la révision des valeurs locatives foncières tous les six ans.

 

Face à ces projets de lois dont les finalités politiciennes consistent à réduire le poids politique de la Gauche, les socialistes, à l’origine des lois de décentralisation, doivent réagir sans céder au conservatisme. Dans ce but, le présent questionnaire a pour objectif de préparer une, ou plusieurs réunions de travail, associant les élus et les militants des Fédérations et des UDESR.

 

Trois ordres de questions méritent d’être distingués, ils portent respectivement sur :

 

1. La répartition des compétences entre les collectivités territoriales

 

2. Le financement équilibré des collectivités territoriales

 

3. La vie démocratique des collectivités territoriales

 

Cliquez sur ce lien pour télécharger le questionnaire en pdf

 

ou voir la vidéo: "Territoires"

 

* * *

 

  1. 1. POUR UNE REPARTITION EFFICACE DES COMPETENCES

 

La détermination de la répartition des compétences entre les collectivités territoriales suppose d’identifier la vocation respective de l’État, des régions, des départements ainsi que des communes en lien avec les regroupements de communes.

 

1.1 L’État, les régions et les départements

 

Le rapport Balladur propose de réduire la spécificité des départements par rapport à celle des régions en créant des conseillers territoriaux qui siègeraient à la fois dans les assemblées départementales et régionales. Cette perspective discutable soulève plusieurs questions :

 

1.1.1 L’État est en charge des prérogatives régaliennes et des intérêts généraux de la nation. Afin de réduire le déficit du budget de la France, le gouvernement a néanmoins tendance, sous couvert des lois de décentralisation, à transférer aux collectivités territoriales diverses charges qui lui incombaient traditionnellement. Quelles politiques et actions doivent rester dans le domaine d’intervention de l’État ?

 

1.1.2 Les régions sont en charge de la stratégie de développement et des grands équipements. Leurs compétences doivent-elles être renforcées grâce aux transferts de prérogatives actuellement exercées par l’État ? Si oui, dans quels domaines ?

 

1.1.3 Les départements exercent actuellement des compétences de proximité, notamment en matière sociale. Doivent-ils continuer à exercer ces compétences en conservant une personnalité juridique propre et un mode de scrutin distinct de celui des régions ? Quelles compétences devraient lui être transférées par les régions et/ou les communes ?

 

1.1.4 Les relations entre les régions et les départements sont actuellement régies par la clause générale de compétence. À l’avenir, devraient-elles être régies par une « clause prioritaire de compétences » selon laquelle, lorsqu’une collectivité exerce une compétence qui lui est expressément attribuée, les autres collectivités ne peuvent intervenir que pour garantir la mise en œuvre effective de cette compétence ?

 

1.1.5 Quelles coopérations fonctionnelles et mutualisation des services, devraient être développées entre les régions et les départements ?

 

1.1.6 Quelles coopérations fonctionnelles et mutualisation des services, devraient être développées entre les collectivités territoriales des régions transfrontalières ?

 

1.1.7 Dans le cadre de ce processus d’intégration fonctionnelle, devrait-on, de manière plus radicale, aboutir au regroupement volontaire des 2 départements alsaciens, voire de l’Alsace avec d’autre(s) région(s) ? Et si oui, lesquelles ?

 

1.2 Les communes et les intercommunalités

 

Les communes sont les collectivités de base de l’organisation territoriale de la République. Les français y sont particulièrement attachés et la réduction volontaire ou forcée de leur nombre n’a pas donné de résultats probants. Cependant, bon nombre de communes n’ont pas de ressources suffisantes afin de garantir le principe d’égalité des citoyens dans leur accès aux services publics. L’intercommunalité, introduite par la loi du 12 juillet 1999, tente de remédier à cette situation ; l’exercice effectif des compétences respectives des communes et des EPCI doit néanmoins être clarifié.

 

1.2.1 Quelles compétences devraient être transférées par les communes au bénéfice des intercommunalités ?

 

1.2.2 Quelles procédures devraient être adoptées pour clarifier la répartition des compétences, et des appartenances communales, entre les différents EPCI ? Faut-il fusionner certains EPCI et pourquoi ?

 

1.2.3 À l’instar des régions et des départements, les relations entre les communes et les intercommunalités devraient-elles être régies par une « clause prioritaire de compétences » ?

 

1.2.4 De quelle manière, les métropoles s’inscrivent-elles dans ce schéma ?

 

  1. 2. POUR UN FINANCEMENT EQUILIBRE

 

La réforme voulue par Nicolas Sarkozy prévoit la suppression de la taxe professionnelle mais elle ne définit pas clairement les recettes de substitution… Une fois encore, les socialistes ne peuvent pas se contenter de refuser la réforme d’un impôt nuisible et injuste dans son principe, il leur appartient de faire des propositions…

 

2.1 Doit-on instaurer une taxation fondée sur la valeur ajoutée et le foncier de l’entreprise afin de compenser la suppression de la taxe professionnelle ? Sinon, quelles recettes de substitution devrait-on adopter,

 

2.2 Quelles seraient les bases de définition d’un objectif annuel d’évolution de la dépense publique locale ? Cette évolution devrait-elle être soumise au contrôle du Parlement ?

 

2.3 Doit-on affecter un certain pourcentage de l’impôt sur le revenu aux collectivités locales ?

 

  1. 3. POUR UNE VIE DEMOCRATIQUE EFFECTIVE
 

 

3.1 Les départements et les régions doivent-ils conserver des modes de scrutins distincts ?

 

3.2 Quelles réformes des modes d’élections des conseillers généraux et régionaux s’avéreraient éventuellement nécessaires ?

 

3.3 Les conseillers communautaires, et les présidents des intercommunalités doivent-ils être élus au suffrage universel direct ? Le mode de scrutin dit PLM constitue-t-il une solution satisfaisante ?

 

3.4 Quelles mesures devraient être adoptées pour limiter le cumul des mandats ?

 

 

Vous êtes invité à nous faire part de vos réponses et de votre réaction en écrivant par courriel au Labo 67.

Par labo67 - Publié dans : Aménagement du territoire et collectivités locale - Communauté : Labo67
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Jeudi 2 juillet 2009

Par Guillaume Delmotte, le 29 juin 2006

 

Face à la crise économique mondiale, les droites européennes au pouvoir dans une grande majorité des Etats membres se sont approprié les thèmes que la gauche sociale-démocrate défendait traditionnellement : « régulation » du marché, « intervention » de la puissance publique par la relance des investissements publics, « protection » contre les effets néfastes de la mondialisation, etc., sans pour autant abandonner ce qui a fait leurs succès électoraux récents (« immigration », « sécurité », « identité nationale »). Cette captation du discours a mené les gouvernements concernés à adopter des réponses politiques nationales, plus ou moins coordonnées au sein du Conseil, sans que la Commission n’anticipe la crise ni ne prenne d’initiative paneuropéenne de grande ampleur. Le soutien à la candidature de José Manuel Barroso à sa propre succession masque mal cette tentative de reprise en mains de la construction européenne par les Etats membres. La Commission n’apparaît dès lors plus que comme le bras (dés)armé du Conseil.

 

La gauche européenne, quant à elle, n’a eu de cesse depuis plus de 10 ans (voire davantage, en réalité) de vanter les mérites du marché et de la dérégulation en faisant siens les préceptes de la « Troisième Voie » blairiste, théorisée par Anthony Giddens. La version allemande de cet aggiornamento libéral, le « Nouveau Centre », que voulait incarner le S.P.D. de l’ère Schröder  (cette dénomination n’a d’ailleurs pas disparu sous le leadership de F.-W. Steinmeier, qui cherche à regagner l’électorat perdu sur sa droite), avait même pour seule ambition la réduction de la voilure de l’Etat social, ce qui n’a pas été le cas des travaillistes britanniques, soucieux au contraire de renforcer les services publics de l’éducation et de la santé et de réduire les inégalités et la pauvreté (même si l’on constate aujourd’hui que ces objectifs ne sont pas atteints). Si le Parti socialiste français, notamment sous l’influence de Lionel Jospin, a plutôt résisté à cette vague néolibérale, en revanche, il n’a pas pu ou pas su formuler une contre-proposition audible, qui aurait pu être reprise par ses partenaires au sein du Parti socialiste européen (P.S.E.). La crise économique actuelle a changé la donne. Le manifeste du P.S.E., adopté dans la perspectives des dernières élections européennes, a pu développer à nouveau les idées chères à la social-démocratie « classique », en incorporant la dimension écologique. Mais lorsqu’il a été élaboré, aucune communication perceptible par l’opinion n’a été mise en œuvre, à tel point que cette plateforme a été allègrement pillée par les autres forces politiques.

 

Nous avons donc assisté à une sorte de triangulation croisée. Dans une première période ( vers 1997-2007), la gauche a puisé dans le répertoire des idées libérales pour affirmer sa quête de « modernisation ». Puis, dans un second temps (à partir de 2007/2008), c’est la droite qui s’est servie des concepts qui avaient fait jadis la gloire des sociaux-démocrates européens. Le thème de la revalorisation du travail par le candidat Nicolas Sarkozy, lors de la campagne en vue de l’élection présidentielle de 2007, anticipait d’une certaine manière ce virage doctrinal, sinon lexical et discursif.

Le résultat de ces allers et retours entre droite et gauche a eu pour résultat d’affaiblir, dans le contexte actuel, l’offre idéologique et politique de la gauche. Cette dernière ayant abandonné le terrain de la lutte contre les inégalités pour s’acclimater à l’air ambiant, où prévalait l’impératif gestionnaire et financier, elle n’a pas eu la ressource intellectuelle et pratique nécessaire pour s’ancrer dans les réalités sociales et écologiques nouvelles de la globalisation et susciter l’adhésion de l’électorat. Même les questions culturelles et « sociétales », autour des thèmes de « l’identité » ou des mœurs par exemple, n’ont pas été suffisamment pensées.

Dans ces conditions, comment la gauche européenne peut-elle se renouveler et redevenir une force de proposition visible et crédible ?

 

A mon sens, c’est en européanisant son discours et sa pratique, que la gauche et singulièrement les socialistes peuvent se renouveler et incarner l’espoir d’un changement. Face à la droite qui refuse d’aller vers davantage d’intégration politique et se contente d’une Europe des Etats – ce qui constitue une régression par rapport à l’ambition originelle –, la gauche doit élaborer un projet qui fasse de l’Europe, non pas un bouc-émissaire ou au mieux un pis-aller, mais la réponse politique à la crise de système – d’aucuns diraient une crise de civilisation – que nous traversons. Cela suppose notamment, d’une part de reposer la question institutionnelle, que la ratification du Traité de Lisbonne n’épuise pas et, d’autre part, de redéfinir les moyens respectifs d’intervention de l’Union européenne et des Etats membres dans les domaines économique, fiscal et social.

Mais il faut aussi se donner les moyens organisationnels pour faire entendre la voix des socialistes européens, en faisant du P.S.E. une grande force politique transnationale, capable de porter un projet politique à l’échelle de l’Union européenne et de proposer son propre candidat à la présidence de la Commission.

 

Post scriptum

On consultera avec profit les liens suivants :

Notre Europe

 

 

Notre Europe, dont le président fondateur est Jacques Delors, est une association créée en 1996 qui souhaite « penser l’unité européenne ». Elle contribue à nourrir la réflexion à la fois sur les évolutions institutionnelles souhaitables de l’Union européenne et sur les aspects économiques et sociaux de sa construction.

 

L'opacité du consensus : la prise de décision au Conseil de l'Union européenne - La vie des idées (Stéphanie Novak)

 

Stéphanie Novak, normalienne, agrégée de philosophie, est l’auteur d’une thèse de doctorat en science politique soutenue à l’Institut d’études politiques de Paris en 2009 et dont le sujet était : « L’ombre du consensus : pratiques de la majorité qualifiée au Conseil de l’Union européenne ».

 

« Au Conseil de l’Union européenne, les décisions se prennent en général par consensus. Est-ce à dire que tous les pays sont à l’unisson ? En fait, les désaccords sont souvent occultés, la plupart des pays n’ayant pas intérêt à rendre publiques leurs mises en minorité. Stéphanie Novak décrit les pratiques effectives que recouvre le consensus et rend compte de l’opacité qui préside à l’exercice commun des souverainetés. » (La Vie des Idées)

 

L’Europe souffre-t-elle vraiment d’un « déficit démocratique » ? - La vie des idées

(Entretien vidéo avec Justine Lacroix)

 

Dans le cadre du Forum « Réinventer la démocratie » organisé à Grenoble les 8, 9 et 10 mai 2009 par La République des idées, Justine Lacroix, professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles et Deakin Fellow au Saint Antony’s College de l’Université d’Oxford pour l’année 2008/2009, a participé à une table ronde sur le thème : « les institutions européennes sont-elles démocratiques ? ». Dans un entretien vidéo publié sur le site de La Vie des Idées, elle livre ses réflexions sur ce sujet.

 

Selon elle, « les institutions européennes ne sont pas et ne peuvent pas devenir un espace politique de débat démocratique aussi achevé et vivace que celui des États-nations. L’extension et l’universalisation de droits homogènes pour tous les citoyens européens constituent en revanche le principal apport démocratique de l’Union européenne, qui pourrait, si l’Europe résiste à la tentation du repli sur soi, servir de modèle ou d’exemple au reste du monde. » (La Vie des Idées).

Justine Lacroix est notamment l'auteur d'un livre dense et stimulant : La pensée française à l’épreuve de l’Europe (Grasset, 2008).

   

Une citoyenneté européenne est-elle possible ? - La vie des idées (Justine Lacroix)

La Vie des Idées a par ailleurs publié récemment un article de Justine Lacroix sur le thème de la citoyenneté européenne. « L’Europe invente une nouvelle forme de citoyenneté, fondée non sur la participation au pouvoir, mais sur l’obtention de droits spécifiquement européens et sur l’ouverture, toujours plus grande, du débat politique aux questions européennes. Preuve, selon Justine Lacroix, que s’il n’existe pas de peuple européen, il y a bien tout de même une Europe politique. » (La Vie des Idées).


Qu’est-ce qu’une Fédération ? - La vie des idées (Renaud Baumert)

 

Renaud Baumert, jeune chercheur en science politique, spécialiste de l’histoire de la pensée constitutionnelle, propose ici une lecture critique de l’ouvrage d’Olivier Beaud, professeur de droit public à l’Université de Paris II-Panthéon Assas : Théorie de la Fédération (Presses universitaires de France, 2009).

 

« On évoque souvent, pour s’y référer ou pour le repousser, le modèle fédéral lorsqu’on veut comprendre la construction européenne. Encore faut-il percevoir convenablement ce qu’il signifie. Pour Olivier Beaud, la Fédération est une forme politique singulière dont on ne peut prendre toute la mesure qu’en la détachant de la théorie de l’État. » (La Vie des Idées)

 

L’Europe contre l’Europe (Olivier Ferrand, Fondation Terra Nova / Hachette Littératures)

 

Olivier Ferrand, président de la Fondation progressiste Terra Nova, vient de publier un essai, L'Europe contre l'Europe, où il fait état de ses réflexions – tournées vers l’action – quant aux scénarii possibles d'évolution de la construction européenne, et ce à partir d'une analyse de sa crise actuelle :

 

1 - Le statut quo : la « Suisse européenne » ;

2 - L'élargissement indéfini : l'Europe-monde ;

3 - Le scénario fédéral : l'Europe puissance.

 

« Aujourd’hui, l’Europe ne se heurte plus à la coalition des souverainismes, mais d’abord à elle-même. Ce sont les partisans de l’Europe qui pourraient bien en être les principaux fossoyeurs. Telle est la thèse paradoxale de ce livre. L’Europe d’aujourd’hui – ses méthodes, ses acteurs, ses politiques – se dresse contre l’Europe de demain. Elle menace de se diluer en une grande Suisse, ou de muter, avec la dynamique de l’élargissement, en une Europe-monde sans frontières. Le mythe de l’Europe fédérale est-il mort ? Il y a un nouvel espoir. Le Parlement européen, le seul organe proprement démocratique de l’Union, a désormais les moyens d’un « coup de force » politique. A lui d’agir. A nous, la nouvelle génération européenne, de le mandater pour sortir l’Europe de l’ornière. » (Terra Nova)

 

La synthèse de cet ouvrage peut être téléchargée ici.

 

Par labo67 - Publié dans : Europe - Communauté : Labo67
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Dimanche 14 juin 2009
Par J.M NEFF - Secrétaire de la commission



  Lors de sa réunion du 13 mai 2009, la commission sociale a invité trois organisations syndicales afin d’évoquer les problèmes sociaux liés aux situations de précarité et d’exclusion. Ces organisations sont les suivantes :

 

            - CRESUS : représentée par Jean-Louis Kiehl

            - CSL (APFS) : représentée par Francine Straubel

            - CSC Cronenbourg : représentée par Yoko Nguyen

 

Notion de précarité

 

Actuellement, nous constatons des données assez surprenantes à savoir que la demande alimentaire ne concerne pas seulement la population pauvre mais également la population populaire :



16% touche un retraité

67% ont un logement durable

24% sont hébergés

72% sont des français

Facteur entrainant des difficultés

Insécurité de l’emploi

Augmentation des prix

Surendettement

  

Allongement de la durée de prise en charge

 

Les problèmes entrainant le besoin d’une prise en charge ne se règlent pas, les prix du logement augmentent et les salaires n’évoluent pas.

Les personnes en contrat à durée déterminée mettent plus de temps à trouver un emploi à durée déterminée.

 

Définition de la paupérisation

 

Appauvrissement continu du niveau de vie !

Normalement une personne qui travaille est en mesure à subvenir à ses propres besoins fondamentaux.


Or, aujourd’hui les personnes des couches populaires ont des revenus qui n’augmentent pas alors que le coût de la vie est croissant.


La précarité de l’emploi se manifeste par de faibles rémunérations, par la succession de CDD, par des périodes de chômage et par des contrats précaires (emplois aidés).


L’absence de qualification professionnelle, le manque d’expérience professionnel, les problèmes économiques des entreprises qui licencient les salariés pour délocaliser pour une main d’œuvre moins chère.

 

Ce phénomène a augmenté de 40% !

Il faut, à l’avenir anticiper ce phénomène, en raison des minimas sociaux qui sont de plus en plus fréquents.

Il existe beaucoup de crédits et c’est le Crédit Mutuel qui est en première ligne avec des taux élevés.

D’après l’association CRESUS, la situation est très grave mais non désespérée. Les enfants, les loisirs sont sacrifiés.

Pour cela il faut changer la modalité de fonctionnement en prêtant aux personnes à la recherche d’un travail qui se verrait rembourser cette avance financière ultérieurement.

 

Synthèse

 


- Définition : absence d’une ou plusieurs sécurités (insécurité). Santé précaire, pas de lien affectif, travail et logement précaires.

- Lien entre les différentes précarités : la précarité de l’emploi entraine la précarité des ressources qui engendre la précarité de logement.

- Différence entre la précarité et la pauvreté : la pauvreté a une dimension économique, c’est une insuffisance de ressource qui ne permet pas à l’individu de subvenir à ses besoins. La pauvreté peut être une conséquence de la précarité.

 

 

LES INEGALITES SOCIALES

 

Approche

 


Définition : l’inégalité sociale est la différence de condition de vie entre les personnes

 

Domaines dans lesquels on trouve des inégalités sociales :

Le travail : durée du temps de travail, contrat précaire

L’éducation : différence dans l’accès à l’enseignement supérieur

Le sexe : inégalité devant le risque d’être au chômage

Economique

 

Les inégalités scolaires : exigence éducative avec des enfants scolarisés en maternelle qui ont un niveau de langage et de graphisme différent.

 

L’école ne comble pas ces inégalités scolaires : les écarts sont précoces et s’accentuent. L’école ne fournit pas le même choix d’orientation pour des enfants ayant des résultats presque identiques que leur famille.

 

Autres inégalités : des revenus différents liés au sexe, inégalité liée à l’origine et à l’environnement familial, inégalité de santé, de logement, d’ethnie, ….

 

Synthèse

 

Les inégalités sont les écarts, les différences entre les conditions de vie (logement, travail, loisirs,…)

On constate une inégalité selon le sexe, le travail, la santé, le logement, les conditions de vie, du lieu résidentiel, du niveau d’étude, d’éducation, de la situation familiale.

 

LE PROCESSUS D’EXCLUSION

 

Approche

 

Définition : rupture du lien social ou lien social amoindri

 

Les deux composantes de l’exclusion sociale : ces deux composantes sont le cumul des handicaps sociaux et l’affaiblissement de l’efficacité des mécanismes de la protection sociale.

 

Eléments qui conduisent à l’exclusion : chômage, rupture familiale, isolement, emploi précaire, endettement, manque de transport et de qualification professionnelle.

 

Processus de la situation : étapes successives et cumul. Le chômage entraine l’endettement provoquant une rupture familiale puis une solitude. Les trois phases de disqualification sociale sont :

La fragilité

La dépendance

La rupture

  

Synthèse

 

Définition : l’exclusion est la mise à l’écart de certaines personnes de la société qui auparavant étaient intégrées dans la société. L’exclusion est un processus rarement brutal qui apparait par une succession d’étapes et d’évènements.

 

Les différentes formes d’exclusion :

Economique

Affective

Culturelle

 

Les facteurs d’exclusion :

Economiques : faiblesse des ressources, surendettement

Affectifs : rupture des liens familiaux (isolement), souffrance due à une enfance difficile

Sociaux : chômage, précarité du travail, échec scolaire, peu ou pas de qualification professionnelle

Divers : toxicomanie, problème de santé, handicaps, délinquance, appartenance à certains quartiers

 

L’exclusion n’est pas le résultat d’une seule cause mais l’enchainement de plusieurs facteurs.

 

 

Reconnaissance de problèmes sociaux par la collectivité

 

La plupart du temps, ce sont des personnalités qui lancent des appels par l’intermédiaire des médias pour sensibiliser la population et agir, lutter, manifester contre la misère et la pauvreté.


Par exemple, en 1952, l’abbé Pierre lance un appel contre le froid ; en 1984, Coluche crée Les Restos du Cœur ; hiver 2006-07, les enfants de Don Quichotte rassemblent les sans abris.


Des manifestations nationales ou mondiales ont régulièrement lieu pour sensibiliser la population aux problèmes sociaux par l’intermédiaire du DAL (Droit Au Logement).


En 1988, l’observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale est crée en France par les pouvoirs publics afin de résoudre ces difficultés et soutiennent les associations qui interviennent en ce sens comme par exemple Les Restos du Cœur, Emmaüs, la Banque Alimentaire … 

 

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Mardi 9 juin 2009

Catherine TRAUTMANN 

Ancienne Ministre

Vice-présidente de la Communauté urbaine de Strasbourg

Communiqué de presse de Catherine TRAUTMANN

Résultats des élections européennes du 7 juin 2009

8 juin 2009

 

Les résultats d’hier avec un taux d’abstention catastrophique, jamais atteint depuis 1979, marquent pour moi d’abord l’affaiblissement de l’idéal européen : l’Union européenne est à un tournant de son histoire ; il lui faut à présent trouver rapidement un nouveau souffle  si elle ne veut pas devenir un simple artefact des gouvernements européens. Sans participation électorale, pas de légitimité démocratique !  La montée inquiétante des nationalismes dans certains Etats-membres, participe également à cette négation du projet européen.

 

Cette abstention peut être interprétée comme l’expression d’une frustration des électeurs par rapport à un projet européen qui leur échappe et la revendication d’une plus grande transparence sur la façon dont le PE peut exercer son pouvoir et dont les décisions sont prises. C’est aujourd’hui la responsabilité des élus au Parlement européen de redoubler d’efforts pour donner un sens à l’Europe.

 

A l’échelle de l’Union, les Socialistes, unis comme jamais autour d’un véritable projet commun élaboré et porté par l’ensemble des partis membres du PSE –le Manifesto– n’ont pas réussi à incarner de façon crédible l’alternative que ce programme pouvait représenter.

 

En outre, la défaite du Parti Socialiste français s’explique notamment par une confusion entretenue entre enjeux nationaux et enjeux européens. Et malgré la campagne collective menée sur le Grand Est, c’est l’absence d’unité nationale qui nous a été clairement reprochée.

 

Aujourd’hui, la question qui se pose à nous autres Socialistes Français, est bien celle de la crédibilité de notre parti, alors même que nous devrions être une force majeure de proposition. Je salue d’ailleurs le courage de Martine Aubry qui en reconnaissant la défaite du Parti socialiste a aussi entendu le message que les Français nous ont adressé. Car si les victoires sont collectives, il est bon de rappeler que les défaites le sont également !

 

Aujourd’hui, les Européens ont fait le choix d’avoir un Parlement clairement à droite. Il faudra que le PPE l’assume demain. Se pose la question du contrepoids politique face à la Commission et au Conseil, puisqu’avec de tels équilibres nous prenons le risque de prendre le chemin d’une Europe des gouvernements et non d’une Europe des citoyens. La responsabilité des forces de gauche est d’organiser un contrepouvoir, de trouver un mode de gouvernance alternatif au sein du Parlement européen. C’est un enjeu pour les semaines qui viennent. En ce qui me concerne, j’ai pris des engagements clairs sur des sujets sensibles vis-à-vis des électeurs du Grand Est. Je resterai fidèle à ces engagements, et mon action s’inscrira bien sur le fond et dans la durée.

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