inscrite dans le contexte du
sommet de Copenhague sur le changement climatique
parGuillaumeDimanche,
artiste.
Objectifs Filmer,
photographier, rapporter chaque jour le trajet, la route, le paysage. Documenter entre l'art et la science une traversée de l'Europe. Le dimanche 6 décembre arriveront à Copenhague, par avion tous les politiques, lobbyistes, entreprises... participant au COP15. J'arriverai aussi à cet endroit, accompagné par de
nombreux cyclistes & écologistes après 15 jours à travers 5 pays d'Europe (France / Belgique / Pays-Bas / Allemagne / Danemark) parcourus entre autonomie et échange.
Le but de cette expérience est de montrer l'importance d'utiliser les moyens modernes, mais au plus proche de la nature, pour la survie de notre communauté humaine. La production des déchets
entraîne déjà trop de disparition d'espèces animales et végétales.
Relier ces
deux points (Paris / Copenhague) distants de 1200 kilomètres par la route en vélo en 15 jours, représente un défi important dans la mesure ou cette action est en contradiction avec les
moyens mis en œuvre par tous les dirigeants politiques et économiques pour relier la Conférence des Nations Unis sur le Changement Climatique à Copenhague à partir du 7/12/2009 (COP-15).
Quinze jours de traversée pour relier Paris à Copenhague, sous forme de performance avec relevés
photographiques et réalisation de documents vidéos, entre l'aéroport de Roissy et celui de Copenhague, en vélo, pour l'ouverture de la conférence climat en décembre 2009.
Par Natacha Paris-Ficarelli,
Secrétaire fédérale « Europe et relations internationales » du PS du Bas-Rhin.
Les résultats des élections européennes du mois de juin 2009 ont été
particulièrement décevants pour le Parti socialiste. Ils sont en grande partie le stigmate d'un parti encore trop faiblement tourné vers
l'Europe.
En France, la périodede refondation qui s'ouvre
au sein du PS constitue le moment idéal pour amorcer et finaliser une réflexion sur le renforcement de la vocation européenne du Parti. C'est pourquoi la commission « Europe » du
Parti socialiste du Bas-Rhin a travaillé sur un projet de motion amendé au cours de l'été 2009 par ses membres. Cette motion a été adoptée à l'unanimité le 30 septembre dernier par les militants
de la Commission Europe du PS 67.
Elle s'adresse tout à la fois aux instances nationales du Parti socialiste,
du PSE et aux commissions qui débattent et réfléchissent sur l'Europe en France et dans tous les Etats membres. Les propositions contenues dans la motion portent sur trois principaux
points :
1/ l'accroissement du rôle de la base du Parti dans le cadre des
élections européennes ;
2/ la réforme du système de composition des listes de candidats
;
3/ le renforcement des liens entre les partis nationaux et le
PSE.
Bientôt traduites dans différentes langues (et adaptées aux situations
nationales), ces propositions ont pour vocation d'être entendues et débattues par les élus nationaux et européens, par les responsables des partis politiques et, bien sûr, par les militants des
partis membres du PSE dans les Etats de l'Union européenne.
Ce n'est qu'au prix de cet effort conjoint de réflexion conduisant à
des réformes concrètes que nous gagnerons les prochaines élections !
*****
"Le Parti socialiste doit renforcer sa vocation
européenne"
Motion adoptée à l'unanimité par la commission Europe du PS 67
le 30 septembre 2009
Les résultats des élections européennes du mois de juin 2009 ont été particulièrement décevants pour le
parti socialiste. Cet échec est en grande partie le stigmate d'un parti encore trop faiblement tourné vers l'Europe. La période de refondation qui s'ouvre en son sein et dont les étapes ont été
présentées aux militants par Martine Aubry, constitue le moment idéal pour amorcer et finaliser une réflexion sur le renforcement de la vocation européenne du parti (courrier adressé aux
militants du Parti socialiste daté du 19 juin 2009). Or, cette présentation des étapes du projet de rénovation n'évoque qu'indirectement l'impératif européen pour le Parti
socialiste.
Craignant que le parti ne tire pas les leçons de l'échec des élections européennes de 2009, la commission
« Europe » PS du Bas-Rhin interpelle Martine Aubry et les instances dirigeantes du Parti socialiste européen en leur demandant d'entamer une réflexion sur 3 principaux points dont
certains ne peuvent être conduits qu'au sein du Parti socialiste européen (PSE) par ses différentes composantes nationales, dont le Parti socialiste français :
1. l'accroissement du rôle de la base du Parti dans le cadre des élections européennes
;
2. la réforme du système de composition des listes de candidats ;
3. sur le renforcement des liens entre le Parti socialiste français et le
PSE.
****
1. Accroissement du rôle
des militants dans le cadre des élections européennes
1.1 Accroissement du rôle des adhérents dans la confection des listes de candidats présentés aux
européennes
Le système actuel de composition des listes est fortement critiqué par les militants. Ils regrettent en effet que dans un parti démocratique leur rôle demeure circonscrit à la
seule validation de listes pré-constituées au niveau national, sans qu'il leur soit possible d'exprimer leurs propres préférences. Un tel mode de fonctionnement fait la part belle au système des
courants au détriment des candidatures fondées exclusivement sur la qualité et/ou l'expérience. Il demeure fortement concentré au niveau national alors que la régionalisation du scrutin vise à le
rapprocher du terrain. Ce fonctionnement est aujourd'hui contesté et tend à démobiliser très fortement la base. Pour assurer la légitimité des choix exprimés au sein du Parti Socialiste, il
nécessiterait d'être revu, par exemple en introduisant un système de vote préférentiel laissant aux militants le soin d'arbitrer la position des différents candidats sur les listes.
1.2 Organisation de primaires au sein du PSE pour départager les candidatures nationales au
collège des commissaires européens et à la présidence de la Commission européenne
La procédure actuelle, tout comme le traité de Lisbonne, réservent ce pouvoir aux Etats, avec un vote de
confirmation par le Parlement européen. Une réflexion pourrait être menée dans ce cadre pour que les gouvernements socialistes et socio-démocrates d'Europe fassent valider par l'ensemble des
militants du PSE leurs candidats aux postes de commissaires sur le mode de primaires.
Un système de primaires aurait au moins deux avantages :
- de favoriser l'émergence en amont de la campagne d'un candidat à la présidence de la Commission
européenne ;
- de politiser les enjeux de cette campagne.
2. La réforme de la
composition des listes de candidats
2.1 La révision du système de composition des listes doit favoriser la constitution de listes
plurinationales
Le caractère trop national de la campagne électorale est régulièrement dénoncé pour expliquer le manque
d'intérêt des citoyens pour le scrutin. Pour y remédier, il importe de rendre les listes plus européennes :
Il revient au PSE de jouer un rôle majeur dans la confection de ces listes afin de coordonner l'action de ses
partis membres en ce sens.
Au PS français de montrer la voie en s'engageant dès les prochaines élections à présenter à ses militants des
listes comportant au moins 10 % de ressortissants communautaires.
2.2 Changement du mode de scrutin
La subdivision de la France en 8 circonscriptions pour les élections européennes les rend trop
éloignées des citoyens pour être concrètes, et trop éparses pour pouvoir mener une campagne nationale efficace et stimulante. Il convient de prendre acte de cet échec et d'envisager un retour à
un scrutin de listes nationales, éventuellement tempéré par un système mixte, à l'instar de celui pratiqué pour les élections au Bundestag qui garantit un ancrage local des élus
(1).
Une élection des députés européens à l'échelle européenne
apparaîtcependant à terme comme le meilleur moyen de favoriser l'émergence de débats
politiqueset de campagnes électorales proprement européens. Le PSE répondrait pleinement à son rôle en
demandant aux partis membres de s'accorder sur le principe d'un scrutin européen permettant aux citoyens de toute l'Union d'élire leur député lors d'un vote commun et simultané répondant au même
système mixte "à l'allemande" ; la proportionnelle appliquée à l'échelle européenne étant alors tempérée par l'élection de députés au scrutin majoritaire dans des circonscriptions nationales ou
régionales.
3. Le renforcement des
liens entre le Parti socialiste français et le PSE
3.1 Adhésion simultanée et automatique au PS et au
PSE
Cette automatisation des deux adhésions englobe les relances sur les formulaires en format papier.
Concrètement, cela suppose que l'adhésion en tant que membre direct du PSE soit systématiquement proposée à chaque adhésion ou renouvellement d'adhésion.
3.2 Favoriser la lisibilité de l'action des députés
européens
Pour augmenter la lisibilité de l'action menée par les députés européens
socialistes et susciter l'intérêt pour les enjeux européens, il serait souhaitable que le parti socialiste
- organise des rencontres régulières des militants avec les députés de la
délégation française qui feraient part de leur action à ces occasions ;
- exige de la part des eurodéputés socialistes des comptes-rendus de mandats qui
seraient centralisés puis largement diffusés par le parti socialiste. Le site du parti socialiste constituerait un moyen simple et efficace de mettre en oeuvre cette exigence de publicisation de
l'action des députés socialistes élus au Parlement européen et de renforcement du lien avec les militants et les citoyens.
Des telles mesures pourraient utilement être prises à l'échelle européenne
par le PSE avec les députés du groupe Alliance Progressiste des socialistes et démocrates.
3.3 Coordination des actions de campagne à un niveau
européen
La coexistence de 3 niveaux d'organisation d'actions (local, national et européen) peu solidaires les uns des autres rend peu lisible l'action
socialiste en période de campagne. Elle est à l'origine d' un foisonnement d' actions préjudiciable à la mobilisation des militants. Une meilleure coordination entre ces actions est
indispensable. Dans un contexte européen, il serait pertinent de caler les actions nationales sur le calendrier européen du PSE.
Ce n'est qu'au prix de ces évolutions de fond, permettant la politisation des
enjeux européens que le Parti socialiste pourra retrouver la place qu'il occupait en 2004 au Parlement de Strasbourg.
_____________________________
1. Suivant ce modèle, sur les 72 députés français, on peut imaginer que la moitié serait élue directement
dans 36 circonscriptions (une ou deux par région en fonction de son poids démographique), et que les 36 sièges restants seraient répartis entre les différentes listes nationales de manière à ce
que, globalement, les 72 sièges soient répartis de manière proportionnelle.
Le rapport du comité pour la réforme des collectivités locales présidé par Edouard Balladur
a été remis le jeudi 5 mars 2009 au président de la République.
Les 20 recommandations du rapport sont à l’origine de deux projets de lois. Si l’avenir de ces projets
s’avère incertain, les problèmes soulevés demeurent et les socialistes se doivent d’y répondre.
Le premier projet, du 20 juillet 2009, modifie l’organisation territoriale de la France, il prévoit :
1. l’achèvement de la carte de l’intercommunalité qui permet aux communes de se regrouper au sein d’établissements publics de coopérations
intercommunales (EPCI) ;
2. la création de 11 métropoles (Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice, Strasbourg, Rouen, Toulon, Rennes) ;
3. le regroupement des régions (leur nombre pourrait passer de 22 à 15) ou des départements, sur la base du volontariat.
Le second projet sera examiné en Conseil des ministres le 7 octobre 2009. Il a trait à la création de la collectivité territoriale du "Grand
Paris", issue d’une fusion de la ville de Paris et des départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne).
Parmi les autres recommandations du Comité figurent :
1. l’instauration d’une taxation fondée sur la valeur ajoutée et le foncier de l’entreprise afin de compenser la suppression de la taxe
professionnelle ;
2. la définition d’un objectif annuel d’évolution de la dépense publique locale ;
3. la révision des valeurs locatives foncières tous les six ans.
Face à ces projets de lois dont les finalités politiciennes consistent à réduire le poids politique de la Gauche, les socialistes, à l’origine
des lois de décentralisation, doivent réagir sans céder au conservatisme. Dans ce but, le présent questionnaire a pour objectif de préparer une, ou plusieurs réunions de travail, associant les
élus et les militants des Fédérations et des UDESR.
Trois ordres de questions méritent d’être distingués, ils portent respectivement sur :
1. La répartition des compétences entre les collectivités territoriales
2. Le financement équilibré des collectivités territoriales
3. La vie démocratique des collectivités territoriales
La détermination de la répartition des compétences entre les collectivités territoriales suppose d’identifier la vocation respective de l’État,
des régions, des départements ainsi que des communes en lien avec les regroupements de communes.
1.1 L’État, les régions et les départements
Le rapport Balladur propose de réduire la spécificité des départements par rapport à celle des régions en créant des conseillers territoriaux
qui siègeraient à la fois dans les assemblées départementales et régionales. Cette perspective discutable soulève plusieurs questions :
1.1.1 L’État est en charge des prérogatives régaliennes et des intérêts généraux de la nation. Afin de réduire le déficit du
budget de la France, le gouvernement a néanmoins tendance, sous couvert des lois de décentralisation, à transférer aux collectivités territoriales diverses charges qui lui incombaient
traditionnellement. Quelles politiques et actions doivent rester dans le domaine d’intervention de l’État ?
1.1.2 Les régions sont en charge de la stratégie de développement et des grands équipements. Leurs compétences doivent-elles être
renforcées grâce aux transferts de prérogatives actuellement exercées par l’État ? Si oui, dans quels domaines ?
1.1.3 Les départements exercent actuellement des compétences de proximité, notamment en matière sociale. Doivent-ils continuer à
exercer ces compétences en conservant une personnalité juridique propre et un mode de scrutin distinct de celui des régions ? Quelles compétences devraient lui être transférées par les
régions et/ou les communes ?
1.1.4 Les relations entre les régions et les départements sont actuellement régies par la clause générale de compétence. À l’avenir,
devraient-elles être régies par une « clause prioritaire de compétences » selon laquelle, lorsqu’une collectivité exerce une compétence qui lui est expressément attribuée, les
autres collectivités ne peuvent intervenir que pour garantir la mise en œuvre effective de cette compétence ?
1.1.5 Quelles coopérations fonctionnelles et mutualisation des services, devraient être développées entre les régions et les
départements ?
1.1.6 Quelles coopérations fonctionnelles et mutualisation des services, devraient être développées entre les collectivités territoriales des
régions transfrontalières ?
1.1.7 Dans le cadre de ce processus d’intégration fonctionnelle, devrait-on, de manière plus radicale, aboutir au regroupement volontaire
des 2 départements alsaciens, voire de l’Alsace avec d’autre(s) région(s) ? Et si oui, lesquelles ?
1.2 Les communes et les intercommunalités
Les communes sont les collectivités de base de l’organisation territoriale de la République. Les français y sont particulièrement
attachés et la réduction volontaire ou forcée de leur nombre n’a pas donné de résultats probants. Cependant, bon nombre de communes n’ont pas de ressources suffisantes afin de garantir le
principe d’égalité des citoyens dans leur accès aux services publics. L’intercommunalité, introduite par la loi du 12 juillet 1999, tente de remédier à cette situation ; l’exercice
effectif des compétences respectives des communes et des EPCI doit néanmoins être clarifié.
1.2.1 Quelles compétences devraient être transférées par les communes au bénéfice des intercommunalités ?
1.2.2 Quelles procédures devraient être adoptées pour clarifier la répartition des compétences, et des appartenances communales, entre les
différents EPCI ? Faut-il fusionner certains EPCI et pourquoi ?
1.2.3 À l’instar des régions et des départements, les relations entre les communes et les intercommunalités devraient-elles être régies
par une « clause prioritaire de compétences » ?
1.2.4 De quelle manière, les métropoles s’inscrivent-elles dans ce schéma ?
2. POUR UN FINANCEMENT EQUILIBRE
La réforme voulue par Nicolas Sarkozy prévoit la suppression de la taxe professionnelle mais elle ne définit pas clairement les recettes de
substitution… Une fois encore, les socialistes ne peuvent pas se contenter de refuser la réforme d’un impôt nuisible et injuste dans son principe, il leur appartient de faire des
propositions…
2.1 Doit-on instaurer une taxation fondée sur la valeur ajoutée et le foncier de l’entreprise afin de compenser la suppression de la taxe
professionnelle ? Sinon, quelles recettes de substitution devrait-on adopter,
2.2 Quelles seraient les bases de définition d’un objectif annuel d’évolution de la dépense publique locale ? Cette évolution
devrait-elle être soumise au contrôle du Parlement ?
2.3 Doit-on affecter un certain pourcentage de l’impôt sur le revenu aux collectivités locales ?
3. POUR UNE VIE DEMOCRATIQUE EFFECTIVE
3.1 Les départements et les régions doivent-ils conserver des modes de scrutins distincts ?
3.2 Quelles réformes des modes d’élections des conseillers généraux et régionaux s’avéreraient éventuellement nécessaires ?
3.3 Les conseillers communautaires, et les présidents des intercommunalités doivent-ils être élus au suffrage universel
direct ? Le mode de scrutin dit PLM constitue-t-il une solution satisfaisante ?
3.4 Quelles mesures devraient être adoptées pour limiter le cumul des mandats ?
Vous êtes invité à nous faire part de vos réponses et de votre réaction en écrivant par courriel au Labo 67.
Face à la crise économique mondiale, les droites européennes au pouvoir dans une grande majorité des Etats membres se sont approprié les thèmes que la gauche sociale-démocrate
défendait traditionnellement : « régulation » du marché, « intervention » de la puissance publique par la relance des investissements publics, « protection »
contre les effets néfastes de la mondialisation, etc., sans pour autant abandonner ce qui a fait leurs succès électoraux récents (« immigration », « sécurité »,
« identité nationale »). Cette captation du discours a mené les gouvernements concernés à adopter des réponses politiques nationales, plus ou moins coordonnées au sein du Conseil, sans
que la Commission n’anticipe la crise ni ne prenne d’initiative paneuropéenne de grande ampleur. Le soutien à la candidature de José Manuel Barroso à sa propre succession masque mal cette
tentative de reprise en mains de la construction européenne par les Etats membres. La Commission n’apparaît dès lors plus que comme le bras (dés)armé du Conseil.
La gauche européenne, quant à elle, n’a eu de cesse depuis plus de 10 ans (voire davantage, en réalité) de
vanter les mérites du marché et de la dérégulation en faisant siens les préceptes de la « Troisième Voie » blairiste, théorisée par Anthony Giddens. La version allemande de cet
aggiornamento libéral, le « Nouveau Centre », que voulait incarner le S.P.D. de l’ère Schröder (cette dénomination n’a d’ailleurs pas disparu sous le leadership de F.-W.
Steinmeier, qui cherche à regagner l’électorat perdu sur sa droite), avait même pour seule ambition la réduction de la voilure de l’Etat social, ce qui n’a pas été le cas des travaillistes
britanniques, soucieux au contraire de renforcer les services publics de l’éducation et de la santé et de réduire les inégalités et la pauvreté (même si l’on constate aujourd’hui que ces
objectifs ne sont pas atteints). Si le Parti socialiste français, notamment sous l’influence de Lionel Jospin, a plutôt résisté à cette vague néolibérale, en revanche, il n’a pas pu ou pas su
formuler une contre-proposition audible, qui aurait pu être reprise par ses partenaires au sein du Parti socialiste européen (P.S.E.). La crise économique actuelle a changé la donne. Le manifeste
du P.S.E., adopté dans la perspectives des dernières élections européennes, a pu développer à nouveau les idées chères à la social-démocratie « classique », en incorporant la dimension
écologique. Mais lorsqu’il a été élaboré, aucune communication perceptible par l’opinion n’a été mise en œuvre, à tel point que cette plateforme a été allègrement pillée par les autres forces
politiques.
Nous avons donc assisté à une sorte de triangulation croisée. Dans une première période ( vers
1997-2007), la gauche a puisé dans le répertoire des idées libérales pour affirmer sa quête de « modernisation ». Puis, dans un second temps (à partir de 2007/2008), c’est la droite qui
s’est servie des concepts qui avaient fait jadis la gloire des sociaux-démocrates européens. Le thème de la revalorisation du travail par le candidat Nicolas Sarkozy, lors de la campagne en vue
de l’élection présidentielle de 2007, anticipait d’une certaine manière ce virage doctrinal, sinon lexical et discursif.
Le résultat de ces allers et retours entre droite et gauche a eu pour résultat d’affaiblir, dans le contexte
actuel, l’offre idéologique et politique de la gauche. Cette dernière ayant abandonné le terrain de la lutte contre les inégalités pour s’acclimater à l’air ambiant, où prévalait l’impératif
gestionnaire et financier, elle n’a pas eu la ressource intellectuelle et pratique nécessaire pour s’ancrer dans les réalités sociales et écologiques nouvelles de la globalisation et susciter
l’adhésion de l’électorat. Même les questions culturelles et « sociétales », autour des thèmes de « l’identité » ou des mœurs par exemple, n’ont pas été suffisamment
pensées.
Dans ces conditions, comment la gauche européenne peut-elle se renouveler et redevenir une force de
proposition visible et crédible ?
A mon sens, c’est en européanisant son discours et sa pratique, que la gauche et singulièrement les
socialistes peuvent se renouveler et incarner l’espoir d’un changement. Face à la droite qui refuse d’aller vers davantage d’intégration politique et se contente d’une Europe des Etats – ce qui
constitue une régression par rapport à l’ambition originelle –, la gauche doit élaborer un projet qui fasse de l’Europe, non pas un bouc-émissaire ou au mieux un pis-aller, mais la
réponse politique à la crise de système – d’aucuns diraient une crise de civilisation – que nous traversons. Cela suppose notamment, d’une part de reposer la question institutionnelle,
que la ratification du Traité de Lisbonne n’épuise pas et, d’autre part, de redéfinir les moyens respectifs d’intervention de l’Union européenne et des Etats membres dans les domaines économique,
fiscal et social.
Mais il faut aussi se donner les moyens organisationnels pour faire entendre la voix des socialistes
européens, en faisant du P.S.E. une grande force politique transnationale, capable de porter un projet politique à l’échelle de l’Union européenne et de proposer son propre candidat à la
présidence de la Commission.
Notre Europe, dont le président fondateur est Jacques Delors, est une association créée en 1996 qui souhaite
« penser l’unité européenne ». Elle contribue à nourrir la réflexion à la fois sur les évolutions institutionnelles souhaitables de l’Union européenne et sur les aspects économiques et sociaux de sa
construction.
Stéphanie Novak, normalienne, agrégée de philosophie, est l’auteur d’une thèse de doctorat en science
politique soutenue à l’Institut d’études politiques de Paris en 2009 et dont le sujet était : « L’ombre du consensus : pratiques de la majorité qualifiée au Conseil de l’Union
européenne ».
« Au Conseil de l’Union européenne, les décisions se prennent en général par consensus. Est-ce à
dire que tous les pays sont à l’unisson ? En fait, les désaccords sont souvent occultés, la plupart des pays n’ayant pas intérêt à rendre publiques leurs mises en minorité. Stéphanie Novak
décrit les pratiques effectives que recouvre le consensus et rend compte de l’opacité qui préside à l’exercice commun des souverainetés. » (La Vie des Idées)
Dans le cadre du Forum « Réinventer la démocratie » organisé à Grenoble les 8, 9 et 10 mai
2009 par La République des idées, Justine Lacroix, professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles et Deakin Fellow au Saint
Antony’s College de l’Université d’Oxford pour l’année 2008/2009, a participé à une table ronde sur le thème : « les institutions européennes sont-elles démocratiques ? ».
Dans un entretien vidéo publié sur le site de La Vie des Idées, elle livre ses réflexions sur ce sujet.
Selon elle, « les institutions européennes ne sont pas et ne peuvent pas devenir un espace politique de
débat démocratique aussi achevé et vivace que celui des États-nations. L’extension et l’universalisation de droits homogènes pour tous les citoyens européens constituent en revanche le principal
apport démocratique de l’Union européenne, qui pourrait, si l’Europe résiste à la tentation du repli sur soi, servir de modèle ou d’exemple au reste du monde. » (La Vie des
Idées).
Justine Lacroix est notamment l'auteur d'un livre dense et stimulant :La pensée française à l’épreuve de l’Europe(Grasset,
2008).
La Vie des Idées a par ailleurs publié récemment un article de Justine Lacroix sur le thème de la citoyenneté
européenne. « L’Europe invente une nouvelle forme de citoyenneté, fondée non sur la participation au pouvoir, mais sur l’obtention de droits spécifiquement européens et sur l’ouverture,
toujours plus grande, du débat politique aux questions européennes. Preuve, selon Justine Lacroix, que s’il n’existe pas de peuple européen, il y a bien tout de même une Europe politique. »
(La Vie des Idées).
Renaud Baumert, jeune chercheur en science politique, spécialiste de l’histoire de la pensée
constitutionnelle, propose ici une lecture critique de l’ouvrage d’Olivier Beaud, professeur de droit public à l’Université de Paris II-Panthéon Assas : Théorie de la
Fédération (Presses universitaires de France, 2009).
« On évoque souvent, pour s’y référer ou pour le repousser, le modèle fédéral lorsqu’on veut
comprendre la construction européenne. Encore faut-il percevoir convenablement ce qu’il signifie. Pour Olivier Beaud, la Fédération est une forme politique singulière dont on ne peut prendre
toute la mesure qu’en la détachant de la théorie de l’État. »(La Vie des Idées)
Olivier Ferrand, président de la Fondation progressiste Terra Nova, vient de publier un essai, L'Europe contre l'Europe, où il fait état de ses réflexions – tournées vers l’action – quant aux
scénarii possibles d'évolution de la construction européenne, et ce à partir d'une analyse de sa crise actuelle :
1 - Le statut quo : la « Suisse européenne » ;
2 - L'élargissement indéfini : l'Europe-monde ;
3 - Le scénario fédéral : l'Europe puissance.
« Aujourd’hui, l’Europe ne se heurte plus à la coalition des souverainismes, mais d’abord à elle-même. Ce
sont les partisans de l’Europe qui pourraient bien en être les principaux fossoyeurs. Telle est la thèse paradoxale de ce livre. L’Europe d’aujourd’hui – ses méthodes, ses acteurs, ses politiques
– se dresse contre l’Europe de demain. Elle menace de se diluer en une grande Suisse, ou de muter, avec la dynamique de l’élargissement, en une Europe-monde sans frontières. Le mythe de l’Europe
fédérale est-il mort ? Il y a un nouvel espoir. Le Parlement européen, le seul organe proprement démocratique de l’Union, a désormais les moyens d’un « coup de force » politique. A lui d’agir. A
nous, la nouvelle génération européenne, de le mandater pour sortir l’Europe de l’ornière. » (Terra Nova)
La synthèse de cet ouvrage peut être téléchargée ici.
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